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La détection des feux de forêt : un enjeu politique, financier et environnemental

Saviez-vous qu’au Canada, il y a environ 7 600 feux de forêt par année et qu’il en coûte entre 500 millions et 1 milliard de dollars canadiens pour les combattre? Ces incendies ont des conséquences environnementales importantes : augmentation du niveau de CO2 dans l’atmosphère, destruction des éléments nutritifs du sol, inondations, glissements de terrain et pollution due aux agents chimiques utilisés pour les éteindre. Sans compter les dommages aux propriétés et aux infrastructures.

Environnement Sécurité
Patrice Topart
Date  Mars 2020

La majorité des ressources est investie dans la lutte contre les feux de forêt, et non dans leur prévention. De nombreux défis techniques, politiques et logistiques expliquent cette réalité. Une des solutions potentielles pour mieux combattre ces feux est l’utilisation de caméras thermiques installées sur des satellites. Celles-ci permettent de mesurer la chaleur émise par les feux afin de mieux connaître leur localisation et leur intensité. INO a d’ailleurs déjà développé un tel système de caméras pour l’instrument NIRST, embarqué dans le satellite argentin SAC-D.

La moitié des 7 600 feux de forêt que le Canada peut compter chaque année sont d’origine naturelle (p. ex., la foudre) et les autres sont d’origine humaine. Si le nombre d’incendies était limité à ceux d’origine naturelle, le problème serait moins criant, puisque le fait de brûler une partie de la forêt chaque année est bon pour son renouvellement. Cependant, les feux d’origine naturelle pourraient considérablement augmenter sous l’effet des changements climatiques. Les feux en Australie en 2019 ont été causés par une atmosphère particulièrement sèche, des températures records et des vents violents qui ont eu un effet aggravant. Ces conditions pourraient être de plus en plus fréquentes avec le réchauffement climatique. Il est donc impératif de réduire le nombre d’incendies d’origine humaine et de travailler à ralentir les changements climatiques. Il faut cependant être réaliste : même avec le maximum de mesures, il serait impossible d’enrayer complètement les incendies nuisibles, d’où l’importance de pouvoir les repérer et les évaluer rapidement afin de mieux les combattre.

Ces feux ont aussi des répercussions économiques importantes. En plus des coûts pour les combattre, il y a les coûts en bâtiment, en assurance et en déplacement de personnes. Par exemple, l’incendie de 2016 à Fort McMurray, en Alberta, a entraîné 3,77 milliards en coûts d’assurance et la perte de 2 400 bâtiments. Entre 1980 et 2018 au Canada, en moyenne, 29 localités et 13 000 personnes ont dû être évacuées chaque année.

Un des problèmes politiques les plus importants dans la lutte contre les feux de forêt est le manque d’unité au sein du pays. En effet, ce sont les provinces et non le gouvernement fédéral qui sont responsables de combattre les feux de forêt sur leur territoire. Il est donc difficile d’avoir une uniformité. Il y a aussi peu de volonté politique d’investir dans la prévention, et les fonds sont souvent débloqués de façon réactive lorsqu’il y a une catastrophe. Les initiatives spatiales liées à la détection des feux de forêt doivent donc s’inscrire dans des initiatives plus larges, et il faut mettre de la pression sur le gouvernement.

Afin de pouvoir repérer rapidement les incendies et de les combattre avant qu’ils prennent trop d’ampleur, le gouvernement canadien a émis une série de critères à respecter pour les solutions potentielles :

  • Avoir un délai de transmission des données de 30 minutes ou moins
  • Être capable de prendre les mesures au bon moment de la journée (entre 15 h et 19 h, le moment où les feux sont à leur paroxysme)
  • Être capable de détecter tous les feux d’une dimension de 15 mètres par 15 mètres et plus
  • Relever des données au moins une fois par jour sur tout le territoire canadien

Aucune solution existante ne respecte tous ces critères. Les tours d’observation sont dépendantes de l’œil humain et desservent un territoire restreint. Les avions sont limités lorsqu’il y a trop de fumée et n’ont pas un rayon d’action assez grand. Les nouveaux « High-Altitude Pseudo-Satellites (HAPS) » pourraient être efficaces, mais il en faudrait plus de 75 pour couvrir l’entièreté du territoire canadien. Les quelques satellites existants avec des capacités de détection d’incendie ne sont pas idéaux pour différentes raisons : leur résolution est trop petite, les équipements de détection sont en fin de vie, les mesures ne sont pas prises au moment idéal, le délai de transmission des données est trop long, ils ne couvrent pas assez de territoire, etc. Un système satellitaire spécifiquement adapté pour l’application serait la solution idéale.

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Avec nos caméras infrarouges, qui intègrent des détecteurs fabriqués sur mesure pour la mesure des feux, INO s’avère un partenaire clé de la lutte contre les incendies de forêt. Notre expertise multidisciplinaire de haut niveau nous permet de développer une solution viable pour les rigueurs de l’espace, capable de prendre des mesures précises. Nous avons effectué des tests en environnement contrôlé qui confirment notre capacité à détecter les feux et à mesurer leur intensité. Notre sensibilité à l’ingénierie des systèmes nous permet de nous assurer que toutes les composantes nécessaires au bon fonctionnement de la solution travaillent bien ensemble.

Puisque les feux de forêt sont un important enjeu environnemental, économique et humain, il est impératif d’être capable de les détecter et de mesurer leur impact rapidement. INO est le partenaire idéal pour atteindre ce but. N’hésitez pas à me contacter pour en apprendre plus sur nos solutions et pour découvrir comment nous pouvons travailler avec vous à la résolution de ce problème important. Notre proposition structurée en cinq étapes nous permet de travailler avec nos partenaires à l’élaboration de la solution la plus efficace et la mieux adaptée à leurs besoins.

À propos de l'auteur

Patrice Topart

Directeur unité d'affaires - Défense, sécurité, aérospatiale

Après avoir travaillé en France sur des appareils électrochromes à larges bandes, Patrice Topart a rejoint INO en 2001 comme directeur des activités de microfabrications.  Il a été étroitement impliqué dans des projets de développement sur mesure de détecteurs bolométriques non refroidis pour des applications dans les bandes spectrales IR et THz, ainsi que dans certaines activités de transferts technologiques.  Patrice a obtenu un baccalauréat en science et génie des matériaux de l’ENSI Caen, en France en 1987 et un doctorat à l’Université des Forces allemandes de Neubiberg en Allemagne en 1993.  Il est l’auteur et coauteur de 4 brevets et plus de 25 publications et communications techniques.

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