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Comment relever les normes de sécurité tout en résolvant les problèmes d’attente et d’intimité?

Avec la mondialisation et l’accessibilité accrue des transports, les gens se déplacent davantage, tant pour le travail que pour le plaisir. Cette effervescence dans les transports conjuguée aux tensions sociopolitiques augmente les risques d’attaques terroristes.

Sécurité Transport
Patrice Topart
Date  Janvier 2020

Avec la mondialisation et l’accessibilité accrue des transports, les gens se déplacent davantage, tant pour le travail que pour le plaisir. Cette effervescence dans les transports conjuguée aux tensions sociopolitiques augmente les risques d’attaques terroristes.

Conséquence de cette triste réalité : le renforcement des contrôles de sécurité. Les méthodes actuelles s’avèrent malheureusement trop souvent insuffisantes (p. ex., certains appareils ne détectent que les composantes métalliques). Et lorsqu’elles sont suffisantes, elles peuvent engendrer des frustrations auprès des utilisateurs (temps d’attente important, fouilles corporelles).

Est-il possible de concevoir des technologies plus efficaces qui renforceraient la sécurité tout en résolvant les problèmes d’attente et d’intimité? Ne pourrait-on pas fournir aux agents de sécurité un système portatif qui leur permettrait de détecter les objets métalliques et non métalliques qui peuvent représenter une menace pour les autres usagers et le personnel?

Prenons par exemple le transport aérien. L’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) indiquait dans sa revue annuelle 2018 que le nombre de passagers est passé de 51 à 66,3 millions par année au cours des cinq dernières années. Cela représente une augmentation de 30 %. L’ACSTA affirme aussi que le volume du trafic aérien devrait doubler dans les 15 prochaines années.

Actuellement, les bagages passent aux rayons X, tandis que les passagers passent par un détecteur de métal. En cas de doute, on demande à la personne de passer dans un scanner corporel où elle doit rester immobile quelques secondes. Si le doute subsiste, la personne est ensuite fouillée manuellement par un agent de sécurité. Bien qu’il varie grandement en fonction de l’importance de l’aéroport et du moment de la journée, le temps d’attente aux contrôles de sécurité dépasse souvent une heure.

Transport Canada a relevé trois problèmes liés à ce processus :

  • La résolution des alarmes prend du temps et peut ralentir considérablement le contrôle de sécurité en monopolisant des ressources. Toute baisse d’efficacité du service augmente les risques pour la sécurité.
  • Les fouilles corporelles ne sont pas toujours efficaces, surtout si l’alarme touche une partie intime de l’anatomie humaine, si elle implique un vêtement à connotation religieuse ou une personne qui porte un dispositif médical (p. ex., un pacemaker), qui a un plâtre ou des bandages. La résolution de ces alarmes peut nécessiter l’intervention de la police.
  • Les méthodes de fouille corporelle sont considérées trop intrusives par ceux qui doivent les subir comme par ceux qui doivent les administrer. Personne n’aime se faire toucher des parties intimes comme la poitrine ou les organes génitaux.

Il y a aussi des défis techniques relatifs aux systèmes de sécurité dans les aéroports. Par exemple, les détecteurs de métal utilisés ne sont pas en mesure de repérer les explosifs ou les armes de poing qui ne contiennent pas de métal. Même certains dispositifs contenant des métaux visant à actionner les explosifs (comme les détonateurs) pourraient ne pas déclencher d’alarme si le volume de métal est inférieur à la capacité de détection. C’est la raison pour laquelle les fermetures éclair, par exemple, ne déclenchent pas toujours les alarmes. Sans inspection visuelle, une personne pourrait donc, spécialement dans une période de haut volume de passage, dissimuler facilement sur elle un engin explosif ou encore un couteau en céramique.

Ces problèmes seront malheureusement accentués avec l’augmentation du trafic aérien. Si rien ne change, les inefficacités soulevées entraîneront une augmentation des coûts de main-d’œuvre en sécurité et des risques (incapacité à détecter certaines composantes, non-détection de dangers potentiels par manque de temps). De toute évidence, il est crucial d’améliorer les méthodes.

INO travaille présentement à l’élaboration d’une technologie qui peut résoudre ces problèmes. Nous avons fabriqué un prototype capable de repérer les objets suspects sous les vêtements, et ce, sans aucun contact. Ce prototype utilise un système d’imagerie térahertz qui a une longueur d’onde sécuritaire pour la personne et qui permet de détecter aussi bien les objets métalliques que non métalliques dissimulés sous les vêtements.

Technologie INO

Technologie INO

Ce petit dispositif (voir photo ci-dessus) permet d’éliminer la fouille corporelle et localise les éléments que les détecteurs de métal et les appareils à rayon X ne peuvent pas voir. Les agents n’auront plus à toucher les parties intimes ni à obliger les gens à retirer leurs vêtements. La vidéo ci-dessous montre le fonctionnement du dispositif.

Comme vous pouvez le constater, notre prototype remédie aux trois problèmes relevés par Transport Canada et ainsi, pourrait augmenter l’efficacité des contrôles de sécurité dans les aéroports.

Chez INO, c’est notre mandat d’aider les entreprises et les organisations à résoudre ce type de problème. Notre méthode en cinq étapes, de la conception jusqu’à la commercialisation, permet à nos partenaires de développer des solutions efficaces pour régler les problèmes technologiques et opérationnels auxquels ils font face.

Si vous voulez en apprendre davantage sur les problèmes de sécurité dans les aéroports et sur le prototype proposé par INO, ou si vous êtes intéressé à travailler avec nous au développement de technologies qui vous aideront à rendre le monde plus sûr, n’hésitez pas à communiquer avec moi.

À propos de l'auteur

Patrice Topart

Directeur unité d'affaires - Défense, sécurité, aérospatiale

Après avoir travaillé en France sur des appareils électrochromes à larges bandes, Patrice Topart a rejoint INO en 2001 comme directeur des activités de microfabrications.  Il a été étroitement impliqué dans des projets de développement sur mesure de détecteurs bolométriques non refroidis pour des applications dans les bandes spectrales IR et THz, ainsi que dans certaines activités de transferts technologiques.  Patrice a obtenu un baccalauréat en science et génie des matériaux de l’ENSI Caen, en France en 1987 et un doctorat à l’Université des Forces allemandes de Neubiberg en Allemagne en 1993.  Il est l’auteur et coauteur de 4 brevets et plus de 25 publications et communications techniques.

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