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Comment accélérer les contrôles de sécurité dans les lieux publics?

Depuis le 11 septembre 2001, les différents ordres de gouvernement partout sur la planète ont multiplié les efforts pour protéger leurs citoyens contre les menaces terroristes en tout genre (attentats à la bombe, fusillades, etc.). De plus, on assiste depuis plusieurs années, surtout aux États-Unis, à une triste augmentation du nombre de fusillades de masse.

Sécurité
Patrice Topart
Date  Janvier 2020

Comme le nombre de menaces terroristes et le nombre d’infrastructures commerciales et gouvernementales (centres commerciaux, hôpitaux, stades, salles de concert, prisons, édifices gouvernementaux, aéroports, etc.) augmentent constamment, surtout dans les pays en développement, le nombre de cibles potentielles augmente lui aussi. Il est donc primordial pour les responsables de ces infrastructures et les gouvernements d’assurer la sécurité des gens qui les fréquentent.

Les investissements des lieux publics dans la sécurité comptent aujourd’hui pour environ 6,2 milliards de dollars américains par année, et ils devraient augmenter en moyenne de 12,8 % par année jusqu’en 2025. Ils atteindront à ce moment 16,1 milliards de dollars américains annuellement. Ces fonds sont utilisés pour acheter des détecteurs de métal, des caméras, des systèmes de contrôle d’accès et des systèmes d’alarme-incendie. Tout cet argent est-il dépensé de façon judicieuse et est-il investi dans des dispositifs de sécurité réellement efficaces?

Dans bien des cas, la technologie utilisée pour protéger les gens est désuète et/ou peu efficace. Les contrôles de sécurité s’avèrent aussi souvent trop longs et pénibles pour les utilisateurs; les files d’attente s’allongent, les gens doivent retirer des objets de leurs poches, se soumettre à des fouilles corporelles, etc. Cela entraîne des frustrations pour les utilisateurs et pourrait contribuer à réduire la fréquentation de certains établissements.

Dans les établissements de divertissement comme les stades, les plus grandes menaces sont les engins explosifs, la contamination de la nourriture ou des boissons, la violence, le vol et le vandalisme. Les détecteurs de métal déployés à l’entrée de ces stades sont incapables de repérer les dispositifs explosifs à faible densité métallique ou les armes de poing sans métal (p. ex., un couteau en céramique). Des fouilles corporelles peuvent permettre de trouver ces objets, mais en raison du fort volume d’entrées, les gens sont fouillés seulement si une alarme est déclenchée ou s’il y a un quelconque soupçon. Ainsi, la nature du contrôle et l’inefficacité relative des détecteurs de métal à détecter plusieurs objets dangereux laisse la porte ouverte à des menaces potentielles. Il y a lieu de se demander si le véritable but de ce type de processus est la sécurité ou l’apparence de sécurité. En effet, il est primordial pour les responsables d’établissements de divertissement que les utilisateurs de leurs installations se sentent en sécurité. Dans le cas contraire, ils risquent d’arrêter de les fréquenter, ce qui minerait la rentabilité de ces établissements. Il est important de non seulement procurer un sentiment de sécurité, mais aussi s’assurer que les lieux sont réellement sécuritaires.

Les aéroports, qui représentent 18 % du marché des scanners corporels, utilisent eux aussi majoritairement des détecteurs de métal. En plus d’être incapables de détecter tous les objets dangereux, ces détecteurs font perdre du temps. Les utilisateurs doivent se défaire de tous les objets contenant du métal ou susceptibles de déclencher une alarme (ceinture, chaussures, cellulaires, portefeuille, etc.), passer sous le portique, puis, si aucune alarme ne retentit, récupérer leurs effets personnels et continuer leur chemin. Si une alarme se déclenche, on demande à l’utilisateur de vérifier s’il a encore quelque chose dans les poches et on peut ensuite procéder à une fouille corporelle si un doute subsiste. Le contrôle de sécurité s’en trouve considérablement ralenti. Aux États-Unis, où les points d’entrée fonctionnent presque à pleine capacité, la main-d’œuvre est limitée et le nombre de voyageurs augmente sans cesse, ce goulot d’étranglement, en plus de causer des désagréments aux utilisateurs, fait peser d’importants risques pour la sécurité.

La technologie d’imagerie térahertz pourrait accélérer les contrôles et en augmenter la fiabilité. Cette technologie est déjà disponible, mais elle est peu utilisée. Par exemple, aux États-Unis, seuls cinq aéroports possèdent des scanners à ondes millimétriques. À l’heure actuelle, la performance de cette technologie est peu élevée par rapport à l’investissement qu’elle exige. De plus, ces scanners obligent la personne à rester immobile quelques secondes, une méthode peu compatible avec le volume croissant de passagers.

Image THz

Image THz

INO a développé un prototype de scanner térahertz sécuritaire et discret qui offre un balayage large, ne concentre pas les radiations directement sur la personne et produit une vidéo montrant les objets dangereux tout en les mettant en contexte. Le dispositif pouvant être dissimulé et produisant une image vidéo en temps réel, l’entrée dans un établissement n’est pas ralentie par le contrôle de sécurité. On peut ainsi repérer les éléments dangereux rapidement et se focaliser sur la fouille plus rigoureuse des personnes présentant des risques réels pour la sécurité. La vidéo ci-dessous démontre le fonctionnement du prototype.

INO souhaite travailler avec un partenaire du domaine de la sécurité afin d’amener cette technologie à maturité. Notre méthode en cinq étapes aide nos partenaires à développer des produits commercialisables, qui répondent aux exigences de plus en plus rigoureuses de leurs secteurs respectifs.

N’hésitez pas à communiquer avec moi si vous êtes intéressé à collaborer avec nous pour améliorer l’efficacité des contrôles de sécurité dans les lieux publics ou si vous désirez travailler avec nous à d’autres technologies qui vous aideront à rendre le monde plus sûr.  

À propos de l'auteur

Patrice Topart

Directeur unité d'affaires - Défense, sécurité, aérospatiale

Après avoir travaillé en France sur des appareils électrochromes à larges bandes, Patrice Topart a rejoint INO en 2001 comme directeur des activités de microfabrications.  Il a été étroitement impliqué dans des projets de développement sur mesure de détecteurs bolométriques non refroidis pour des applications dans les bandes spectrales IR et THz, ainsi que dans certaines activités de transferts technologiques.  Patrice a obtenu un baccalauréat en science et génie des matériaux de l’ENSI Caen, en France en 1987 et un doctorat à l’Université des Forces allemandes de Neubiberg en Allemagne en 1993.  Il est l’auteur et coauteur de 4 brevets et plus de 25 publications et communications techniques.

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